L'histoire du piano
Les principales différences entre piano droit et piano à queue résident dans la forme de l'ins-
trument et la longueur de sa table d'harmonie, et dans la position de frappe des marteaux par rapport
aux cordes. Le piano à queue offre un son plus puissant et, bien réglé, une mécanique irréprochable.
Le premier instrument à corde inventé par l'homme fut
peut-être l'arc du chasseur. Il suffit de pincer la corde en un
point pour obtenir un son. A travers les âges, la corde tendue
est restée l'un des principaux moyens d'obtenir un son, que ce
soit au moyen d'un plectre (sorte de pince) ou d'un marteau.
Le premier instrument dont on puisse dire qu'il est
l'ancêtre du piano est le tympanon, assemblage de lames d'acier
que les jongleurs frappaient avec des maillets et qui ressemble
un peu à un xylophone….
A la fin du 14ème siècle, on utilise un clavier (du mot "clé" car la clé est un instrument
pour "ouvrir" la musique). C'est l'apparition du clavecin, qui n'est pas l'ancêtre du piano contrai-
rement à ce que l'on croit, car les cordes de l'instrument sont pincées et non frappées. Il s'appro-
cherait davantage d'une sorte de guitare horizontale. Très rapidement, on distingue le clavecin, le
virginal ou l'épinette (dont les cordes sont pincées et fonctionnent avec une seule corde par
note), du clavicorde (cordes frappées par une languette de métal fixée à l'extrémité de la touche
et qui restait en contact avec la corde tant que la note demeurait enfoncée).
Le clavicorde est donc le véritable ancêtre du piano actuel. Mais cet instrument ne possé-
dait pas la force du clavecin, et ne connut aucun succès. Selon les sources, c'est en 1691, 1694 ou
au tout début du 18ème siècle que Bartolomeo CRISTOFORI ( 1655-1731), conservateur des
clavecins et épinettes du prince Ferdinand de MEDICIS, renouant avec le vieux principe du tympa-
non, invente la mécanique du piano, constituée d'un clavier, d'une série de cordes, de marteaux
reliés au clavier au moyen d'un système de transmission composé d'un pilote, d'un bâton d'échap-
pement, d'une attrape et d'un étouffoir.
L'histoire du piano suit ensuite une évolution liée aux découvertes des grands facteurs et
aux exigences des compositeurs. On distingue 4 périodes:
- La standardisation de la technique de 1920 à nos jours.
Le pianoforte détrône rapidement le clavecin pour les nuances qu'il permet d'obtenir. Les
grands facteurs, CRISTOFORI, le français MARIUS et l'allemand SCHROETER font évoluer
les grands principes de la mécanique. Deux écoles principales coexistent: la mécanique anglaise,
solide grâce à des renforts métalliques entre la table de l'instrument et le sommier, mais lourde
avec des marteaux en cuir; et la mécanique viennoise, chère à MOZART, plus légère mais fragile,
dont les marteaux frappent les cordes du dessus (on contrôle jusqu'au bout la course d'attaque du
marteau).
A la fin du 18ème, Sébastien ERARD, facteur strasbourgeois, s'installe à Paris et fonde sa
marque. Sa principale découverte date de 1822. Il s'agit du double échappement : système de
ressorts qui maintient le marteau joué à proximité des touches et qui fait que sans devoir relâcher
complètement la touche, on peut rejouer une seconde fois la note. Pour sa légèreté et sa fiabilité
remarquable, cette invention connut un succès immédiat. Le clavicorde devient le piano tel que
nous le connaissons aujourd'hui.

Au 19ème siècle les exigences croissantes des compositeurs stimulent l'inventivité des
facteurs:
- du pianoforte de 4 octaves (49 touches de CRISTOFORI), on passe au piano 61 touches
de SILBERMANN, facteur viennois; en 1794 aux 68 touches de BROADWOOD
(facteur anglais); puis à partir de1808 au clavier de 6 octaves. En 1845 enfin, les pianos
comprennent 7 octaves.
Ces évolutions nécessitent de construire des pianos plus résistants, consolidés par des tubulu-
res de métal puis par des cadres entièrement en fonte, tels qu'ils le sont aujourd'hui.
Chaque compositeur a son facteur attitré. BEETHOVEN travaille avec ERARD à qui il com-
mande un piano particulier dont chaque marteau frappe 4 cordes (et non 3) afin de produire un son plus
puissant. LISZT commande ses instruments à ERARD et CHOPIN travaille avec PLEYEL. Entre
1850 et 1900, les mécaniques viennoises et anglaises sont abandonnées pour leurs défauts. Au même
titre, on ne fabrique plus de pianos lyres, consoles, pyramides ou girafes, ni de pianos ronds qui sont
jugés décoratifs mais insatisfaisants techniquement.. En 1845 PLEYEL invente le pianino, ou piano
droit, qui ne cessera de se perfectionner jusqu'à nos jours.
En Angleterre, les pianos droits sont munis de mécaniques dites à baïonnettes". Beaucoup de
ces pianos fragiles subsistent aujourd'hui.

Le 20ème siècle voit la facture du piano s'uniformiser et la production s'emballer. Le piano
carré
ou piano table, très en vogue dans les pays anglo-saxons, est abandonné au profit du piano droit.
De 500000 pianos produits annuellement au début du siècle aux Etats-Unis, en Angleterre et en Alle-
magne, la production passe à trois millions en 1940 et à plus de six millions aujourd'hui.
LE PIANO D'AUJOURD'HUI
Pianos droits et pianos à queue sont construits sur deux principes opposés. Le premier
verticalement, le second horizontalement. Mais la structure des instruments demeure la même:
- un cadre de fonte qui est l'armature de l'instrument,
- une table d'harmonie dont le bois très fin entre en résonance et produit le son,
- un sommier dans lequel sont vissées les chevilles,
- un chevalet auquel sont fixées les cordes et dont la forme s'allonge à mesure que
l'on descend dans les fréquences basses. Ici, il faut expliquer que de la longueur de la
corde dépend la fréquence du son (mesurable en Hz). Pour obtenir un son deux fois
plus grave, la longueur devrait être double. Cela impliquerait que le chevalet décrive
une parabole. Comme ce n'est pas possible, le diamètre des cordes est plus impor-
tant dans les graves que dans les aigus car il y a un rapport mathématique entre la
longueur des cordes et leur épaisseur.
- un plan de cordes: une corde par note dans les basses, deux dans les graves et trois
dans les médiums et les aigus. Les cordes basses sont entourées de cuivre (le filetage),
afin d'obtenir un diamètre et une résistance à l'étirement supérieurs;
- un clavier constitué des touches plombées et d'axes de fixation,
- une mécanique composée de pivots et de leviers, du jeu de marteaux et d'étouf-
foirs dont le rôle est de démultiplier la force appliquée sur les touches et de la trans-
mettre aux marteaux qui frappent les cordes. Les cordes, en vibrant, transmettent
ces vibrations au chevalet qui les transmet à son tour à la table d'harmonie, laquelle
produit le son perçu;
- un système de pédales - forte et douce -, et nouvellement une pédale tonale qui
permet de faire résonner une note en particulier à l'exception des autres.
- Les précurseurs de 1710 à 1780 avec la naissance du pianoforte,
- Le piano romantique de 1780 à 1850,
- L'industrialisation et la diffusion du piano dans le monde de 1850 à 1920,
- PAPE, facteur français, a l'idée de recouvrir les marteaux de feutre,
- en 1850, les premiers cadres métalliques font leur apparition aux Etats-Unis
(BABCOCK à Boston),
- pour augmenter la puissance des pianos sans modifier la taille des instruments, on a
l'idée de croiser les cordes ( Henry STEINWAY) puis d'en augmenter le diamètre,
Une minute pour m'aider à faire évoluer ce site ?
Cliquez ici pour
répondre à mon petit
questionnaire
(hors service pour le moment)